Rapport d'activité 2018

du Groupe de Support Psychologique

« L’année dernière les membres du GSP ont investi 790 heures pour la prise en charge de personnes en détresse – dont 5 interventions en une seule journée »


Depuis le 1er juillet 2018 le GSP fait partie intégrante du CGDIS (Corps Grand-Ducal d’Incendie & Secours) et se charge lors d’interventions critiques de l’accompagnement d’urgence de personnes traumatisées.
En 2018 les demandes d’interventions à l’adresse du GSP ont atteint un total de 230, réparties sur 790 heures, ce qui correspond environ à 5 mois de travail.
En grande partie le GSP a été alerté par la centrale du 112 du CGDIS , avec un total de 139 alertes, dans 69 des cas la Police Grand-Ducale a demandé le soutien du groupe et 33 fois le médecin du SAMU faisait appel au GSP.
Dans la majorité des cas les interventions en faveur des personnes affectées furent assurées par 2 membres du „Groupe de support psychologique“ et la durée moyenne des interventions comportait entre 3 et 4 heures sur place.
Une intervention nécessitait même l’appel de 12 membres du GSP.

Les interventions furent d’autant plus nombreuses en janvier avec un total de 28 interventions. Comparé aux autres jours de la semaine, on note en 2018 une augmentation significative des interventions les mardis et les mercredis et surtout le matin entre 10 et 11 heures.

Les missions du Groupe de Support Psychologique (GSP) consistent à :

  • encadrer les équipes de secours après des interventions extrêmement difficiles
  • prendre en charge des concernés directes comme les victimes et témoins d'accidents ou autres personnes lésées par des incidents
  • assister par une aide psychosociale les concernés indirects, à savoir : les familles et proches des concernés directes.

Les collaborateurs du GSP assurent également l’assistance aux proches et aux personnes directement concernées par des accidents mortels de circulation ou domestiques, suite à un suicide, après une mort subite d’un nouveau-né, ainsi que suite à un crime avec violence.


Sur demande le GSP intervient également dans des entreprises.

La collaboration étroite avec la Police Grand-Ducale, lors d’annonces de décès aux proches, fait également partie de la mission du GSP (30 interventions en 2018).
Le Groupe de support psychologique se charge du soutien psychologique de la famille et des amis des personnes directement touchées.
Dans le cadre de leurs activités et après des interventions très éprouvantes pour les équipes de secours du CGDIS, les membres du GSP sont à leur disposition avec des entretiens individuels, des entretiens de groupe, ensemble avec toute la troupe d’intervention et proposent également des techniques de gestion du stress.

Veuillez noter également que les missions du GSP ne se limitent pas seulement aux situations « normales » de tous les jours (accidents mortels, suicide, annonce de décès, mort subite d'un nourrisson, …), mais ses membres interviennent aussi lors d'accidents ou d'évènements majeurs (par exemple lors de l’accident d’avion de LUXAIR en 2002 ou accident ferroviaire de Zoufftgen en 2006).
Par l’activation des ressources résiduelles en vue de reconstituer le bien-être psychologique et social, les membres du GSP contribuent à l’atténuation respectivement à la prévention des symptômes post-traumatiques.
Il ressort en effet d’études qu’une intervention d’urgence a une influence positive sur les dommages consécutifs. Une telle assistance psychologique devra commencer immédiatement après l’événement, car l’intervention précoce rend à la personne concernée l’aptitude d’agir et limite l’apparition de réactions de stress post-traumatiques.

Au cours de l’année passée le GSP a fait des encadrements de proches lors de 83 décès de morts naturelles, le groupe est intervenu après 31 suicides et a eu affaire à 7 tentatives de suicide.
A noter qu’en 2018 les encadrements psychosociaux lors d’accidents de la route mortels se chiffrent à 29.
L’année dernière le GSP est intervenu 12 fois dans des écoles et 2 personnes sont décédées suite à des problématiques de drogues.
Des 230 interventions au total, 18 ont été faites par téléphone.

Le GSP fait partie du Plan National de Prévention du Suicide au Luxembourg (PNPSL) du Ministère de la Santé, lancé en juillet 2015, et qui a pour but de combattre les causes et les conséquences du suicide afin de réduire les tentatives de suicide et le nombre de décès par suicide au Luxembourg.

Avant une participation active à la permanence, les bénévoles du GSP passent une formation de plus de 120 heures, répartie sur deux ans. Le programme de formation prévoit entre autres les thèmes suivants : l'introduction à la psychologie, le stress, les techniques de communication, le débriefing et la relaxation, les structures sociales au niveau national, l'organisation des structures de secours, les connaissances de bases en
matière de situations d'exception. Pour assurer cette formation, le GSP recourt à des experts qualifiés nationaux et internationaux.
A la fin de cette formation, chaque futur membre actif doit se soumettre à un examen oral et écrit.
Après cette première étape, une formation continue est offerte aux membres du GSP qui permet aux bénévoles d’approfondir leurs aptitudes dans le domaine de l’accompagnement psycho-social et d’acquérir des connaissances nouvelles dans d’autres domaines. Des réunions de supervision périodiques sont obligatoires pour tous les membres actifs du GSP.

Actuellement le GSP se compose de 46 bénévoles, des hommes et des femmes âgés entre 21 et 65 ans, originaires de toutes les régions du Grand-Duché.

Une permanence est assurée 24 heures sur 24 et 7jours sur 7, dans tout le pays.

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